Le Diplôme National du Brevet (DNB) approche à grands pas, et avec lui, le stress de la fameuse épreuve de français. Si la compréhension de texte et la rédaction comptent pour beaucoup, il y a un élément qui peut faire basculer votre note : l’orthographe.
Saviez-vous que sur les 100 points de l’épreuve de français, une part significative est dédiée à la maîtrise de la langue ? Au-delà des points de dictée, une copie truffée de fautes fatigue le correcteur et dévalorise votre argumentation. En tant que correcteurs, nous voyons souvent les mêmes erreurs revenir.
Voici le Top 10 des fautes qui « piquent les yeux » et nos conseils pédagogiques pour les éradiquer avant le jour J.
Le barème du Brevet est clair : la maîtrise de la langue est évaluée tout au long de la copie. Un correcteur qui doit relire trois fois une phrase pour en comprendre le sens à cause d’une syntaxe bancale sera forcément moins indulgent. L’orthographe est la politesse de l’écrit. Elle montre votre rigueur et votre respect pour le lecteur. Pour les parents, voir leur enfant progresser en orthographe, c’est aussi le voir gagner en confiance pour le lycée.
C’est la faute numéro un, celle qui apparaît dès la première ligne. Confondre l’infinitif et le participe passé est perçu comme une méconnaissance grave des bases.
L’erreur : « Il a décider de partir. »
L’astuce : Remplacez le verbe par « mordre » ou « vendre ». Si on peut dire « mordre », on écrit -er. Si on doit dire « mordu », on écrit -é.
Exemple : « Il a mordu » -> Il a décidé. « Il veut mordre » -> Il veut décider.
Beaucoup d’élèves pensent qu’avec l’auxiliaire « avoir », on n’accorde jamais. C’est faux !
La règle : On accorde avec le Complément d’Objet Direct (COD) si celui-ci est placé avant le verbe.
L’erreur : « Les fleurs que j’ai cueilli. »
La correction : « Les fleurs (COD) que j’ai cueillies. » Posez-vous la question : « J’ai cueilli quoi ? » Les fleurs. Le mot est placé avant ? On accorde !
Ces petites erreurs sont appelées « fautes d’inattention », mais elles coûtent cher.
A vs À : Si vous pouvez remplacer par « avait », c’est le verbe avoir (a). Sinon, c’est la préposition (à).
Et vs Est : Si vous pouvez remplacer par « et puis », c’est la conjonction (et). Si vous pouvez dire « était », c’est le verbe être (est).
C’est ici que les points s’envolent dans les descriptions.
Couleurs : Les adjectifs de couleur s’accordent (« des pulls bleus »), sauf s’ils proviennent d’un nom de fruit, de fleur ou de pierre (« des pulls orange », « des yeux noisette »).
Exception : « Rose », « Mauve », « Pourpre » et « Ecarlate » s’accordent quand même !
S’est est toujours suivi d’un participe passé dans un verbe pronominal (Il s’est lavé). On peut le remplacer par « je me suis » ou « tu t’es ».
C’est sert à présenter quelque chose (C’est un livre). On peut le remplacer par « cela est ».
Le mot « leur » est un véritable piège.
Devant un verbe : Il est invariable. « Je leur parle. » (On ne dit jamais « leurs parlent »).
Devant un nom : Il s’accorde. « Leur livre » (un seul livre pour plusieurs), « Leurs livres » (plusieurs livres).
Une faute de cédille peut changer la prononciation et donc la validité du mot. « Il lança » devient « Il lanca » (prononcé « lanka »). De même, l’absence d’accent sur un « E » en début de phrase ou sur une majuscule est souvent pénalisée.
Conseil : Relisez votre copie une fois uniquement pour traquer les accents oubliés.
Dans la rédaction, l’élève doit souvent exprimer un souhait ou une hypothèse.
Futur : « Si je révise, j’aurai mon brevet » (Certitude).
Conditionnel : « Si je révisais, j’aurais mon brevet » (Hypothèse). L’oubli du « s » au conditionnel est une faute récurrente dans les récits à la première personne.
« Monter en haut », « descendre en bas », « prévoir d’avance »… Ces expressions alourdissent le style.
L’astuce de prof : Supprimez le mot superflu. « Il monte » suffit amplement. Un style épuré est un style qui rassure le correcteur sur votre maîtrise de la langue.
Une phrase commence par une majuscule et finit par un point. Cela semble enfantin ? Pourtant, avec le stress, de nombreux candidats oublient la ponctuation de base, transformant leur texte en un bloc illisible.
Règle d’or : Une idée = une phrase.
Le jour du Brevet, l’orthographe n’est pas tout. Le soin apporté à la copie compte. Voici trois conseils pour booster votre note :
Aérez votre texte : Sautez des lignes entre les parties et faites des alinéas en début de paragraphe.
Bannissez le correcteur blanc (blanco) : Préférez rayer proprement d’un seul trait si vous faites une erreur. Une copie « propre » visuellement gagne immédiatement l’adhésion du correcteur.
La triple relecture : Ne relisez pas tout d’un coup. Faites une lecture pour le sens, une lecture pour les accords de verbes, et une dernière pour les accords de noms.
L’objectif « Zéro Faute » n’est pas une utopie, c’est un entraînement. En évitant ce Top 10, vous vous assurez déjà de rester dans la moyenne haute des copies du Brevet. Rappelez-vous que le correcteur est un humain : il sera toujours mieux disposé face à une copie claire et respectueuse des règles de notre belle langue.
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